Aves Que Aqui Gorjeiam





Un voyageur est une espèce d'historien ; son devoir est de raconter fidèlement ce qu'il a vu ou ce qu'il a entendu dire ; il ne doit rien inventer, mais aussi il ne doit rien omettre.

[Chateaubriand]
Ecrivain et poète français


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Um viajante é uma espécie de historiador; seu dever é contar fielmente tudo o que viu e tudo o que ouviu dizer; ele não deve inventar e nem omitir nada.

[Chateaubriand]
Escritor e poeta francês












Exodus


Edith Piaff








Ce blog est un passe-temps pour moi, et la majorité des traductions moi même je les fais; néanmoins, je ne suis pas expert, donc elles ne sont pas parfaites.

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Este blog é apenas um passatempo, a maioria das traduções eu mesma as faço; porém, como não sou uma especialista, elas não são perfeitas.

Aceito críticas, sugestões e correções.

Sábado, Agosto 27, 2005


B R A S I L

Ronald de Carvalho
(1893-1935)
Traduction: Bernard Lorraine


Nesta hora de sol puro
palmas paradas
pedras polidas
claridades
faíscas
cintilações

Eu ouço o canto enorme do Brasil!




En cette heure de pur soleil,
De palmes calmes
De pierres polies
De clartés
D'étincellements
De scintillements

J'entends, moi, le chant énorme du Brèsil!



Eu ouço o tropel dos cavalos de Iguaçu correndo na ponta
das rochas nuas, empinando-se no ar molhado, batendo
com as patas de água na manhã de bolhas e pingos verdes.



J'entends, moi, le pietinement des cheveux d'Iguaçu courant sur l'arête
des roches nues, cabrés dans l'air mouillé, fouettant
l'eau de leus sabots, dans un matin de bulless et de goutelettes vertes;



Eu ouço a tua melodia, a tua bárbara e grave melodia,
Amazonas, a melodia da tua onda lenta de óleo espesso que
se avoluma e se avoluma, lambe o barro das barrancas, morde
raízes, puxa ilhas, empurra o oceano mole como um touro
picado de farpas, varas, galhos e folhagens;



J'entends, moi, ta mélodie en graves, ta barbare et sourde mélodie,
Amazone, la mélodie de tes eaux lentes d'huile épaisse qui
grossissent et grossissent, lèchent la glaise de tes rives ravinées, rnordent
aux racines, charrient des îles, repoussent l'océan mou, comme un taureau
piqué de banderilles, en un charroi de branches, de rejetons et de paquets de feuilles;



Eu ouço a terra que estala no ventre quente do Nordeste,
a terra que ferve na planta do pé de bronze do cangaceiro,
a terra que se esboroa e rola em surdas bolas pelas
estradas de Juazeiro, e quebra-se em crostas secas,
esturricadas no Crato chato;



J'entends, moi, au ventre ardent du Nord-Est,
la terre qui craque, la terre qui brûle, à la plante de ses pieds de bronze, le cangaçeiro,
la terre qui se pulvérise, et croule en mottes muettes le long
des chemins de Juazairo, et se craquèle en croûtes sèches,
grillées, dans le Crato tout plat;



Eu ouço o chiar das catingas - trilos, pios, pipios, trinos,
assobios, zumbidos, bicos que picam, bordões que ressoam
retesos, tímpanos que vibram, límpidos papos que estufam,
asas que zinem, rezinem, cris-cris, cicios, cismas, cismas
longas, langues, - caatingas debaixo do céu!



J'entends, moi, le grincement des caatingas - trilles, piaulis, piaulements, gazouillis,
sifflets, zonzonnements, becs qui piquent, sonorités de cordes tendues qui vibrent,
tympans qui bourdonnent, clairs jabots qui s'échauffent,
ailes qui froufroutent, froufroutent, refroufroutent, cricris, bruissements des vents, schismes, schismes,
languides - caatingas, pardessous le ciel;



Eu ouço os arroios que riem, pulando na garupa dos dourados
gulosos, mexendo com os bagres no limo das luras e das locas;



J'entends, moi, rire les ruisseaux bondissant sur la croupe des poissons :
dourados goulus et bagres, toujours à brouiller la vase de leurs bourbiers ou de leurs caches sous les pierres;



Eu ouço as moendas espremendo canas, o glu-glu do mel
escorrendo nas tachas, o tinir das tigelinhas nas seringueiras;
E machados que disparam caminhos,
E serras que toram troncos,
E matilhas de "Corta-Vento", "Rompe-Ferro, "Faíscas" e "Tubarões" acuando suçuaranas e maçarocas,
E mangues borbulhando na luz,
E caititus tatalando as queixadas para os jacarés que dormem no tijuco morno dos igapós...



J'entends, moi, les meules des moulins exprimer des cannes à sucre, le glouglou
de leur miel s'égoutter dans les grandes jarres, le tintement des écuelles
sous les hévéas;
et des haches qui forcent des chemins à grands coups,
et des scies qui tronçonnent, et des meutes de fiers-à-bras, de mâchefers, de boute-feu,
de requins acculant aux abois onces et autres félins,
et des marécages bouillonnant dans la lumière,
et des caïtitus claquant des mâchoires à l'intention des crocodiles
endormis dans le marais tiède des forêts encore inondées...



Eu ouço todo o Brasil cantando, zumbindo, gritando, vociferando!
Redes que balançam,
Sereias que apitam,
Usinas que rangem, martelam, arfam, estridulam, ululam e roncam,
Tubos que explodem,
Guindastes que giram,
Rodas que batem,
Trilhos que trepidam.
Rumor de coxilhas e planaltos, campainhas, relinchos aboiados e mugidos,
Repiques de sinos, estouros de foguetes, Ouro Preto, Bahia, Congonhas, Sabará,
Vaias de Bolsas empinando números como papagaios,
Tumulto de ruas que saracoteiam sob arranha-céus,
Vozes de todas as raças que a maresia dos portos joga no sertão!


Nesta hora de sol puro eu ouço o Brasil.


J'entends, moi, le Brèsil chanter, bourdonner, crier, vociferer!
Hamacs qui se balancent,
Sirènes que sifflent,
Usines qui gruncent, martèlent, stridulent, ululent, ronglent,
Tuyaux qui explosent,
Grues qui tounent sur elles-mêmes,
Roues qui battent,
Rouleaux qui trepident,
Rumeur des campagnes vallonées et des plateaux, sonnailles, hennissements, mélopée plaintive des vaqueiros qui appellent les boeufs, mugissements,
Carillons, détonations de pétards, Ouro-Preto, Bahia, Congonhas, Sabara,
Huées multiples qui s'enflent aux Bouses de Commerce, comme un charivari,
Voix de toutes les races que le remugle de marée des portes jette jusqu'au coeur du Serton!


En cette heure de pur soleil, j'entends, moi, le Brèsil.


Todas as tuas conversas, pátria morena, correm pelo ar...
A conversa dos fazendeiros nos cafezais,
A conversa dos mineiros nas galerias de ouro,
A conversa dos operários nos fornos de aço,
A conversa dos garimpeiros, peneirando as bateias,
A conversa dos coronéis nas varandas das roças...
Mas o que eu ouço, antes de tudo, nesta hora de sol puro
Palmas paradas
Pedras polidas
Claridades
Brilhos
Faíscas
Cintilações


É o canto dos teus berços, Brasil,
de todos esses teus berços, onde dorme, com a boca escorrendo leite, moreno, confiante, o homem de amanhã!



Toutes les conversations, patrie basané, s'envolent...
les paroles des fazendeiros dans les plantations de café,
les paroles des mineurs dans les galeries à filons d'or,
les paroles des ouvriers devant les fours où bout l'acier,
les paroles des chercheurs de diamants qui tamisent à la batée,
les paroles des grands propriétaires aux terrasses des plantations...
Mais ce que j'entends, moi, par-dessus tout, en cette heure de pur soleil,
Des palmes calmes,
Des pierres poles,
Des clartés,
Des fulgurances,
D'étincellements,
Des scintillements.


C'est le chant de tes berceaux, Brèsil,
de tous ces berceaux où dort, la bouche barbuillé de lait, basané, confiant, l'homme de demain!



MARTA MAIA






Sexta-feira, Agosto 26, 2005


Soneto

José Albano
(1882-1923)




Poeta fui e do áspero destino
Senti bem cedo a mão pesada e dura.
Conheci mais tristeza que ventura
E sempre andei errante e peregrino.


Vivi sujeito ao doce desatino
Que tanto engana, mas tão pouco dura;
E ainda choro o rigor da sorte escura,
Se nas dores passadas imagino.


Porém, como me agora vejo isento
Dos sonhos que sonhava noite e dia,
E só com saudades me atormento;


Entendo que não tive outra alegria
Nem nunca outro qualquer contentamento
Senão de ter cantado o que sofria.



Soneto

José Albano
(1882-1923)

Traduction: Bernard Lorraine

Poète, je le fus. Et de l'âpre destin
Je resentis très tôt la main pesante et dure,
Tristesse fut mon lot, plus qu'heureuse aventure
Et j'ai toujours marché comme erre un pèlerin.

J'ai donc vécu, à la douce folie enclin,
Elle qui trompe tant mais si peu de temps dure.
Je ne fais que pleurer ma destinée obscure,
La rigueur d'un passé, de douleur en chagrin.

Pourtant, comme aujourd'hui je me retrouve exempt
Des songes que je nourrissais en permanence,
Moi qui n'ai plus que des souvenirs pour tourment,

Je comprends mieux le sens de mon unique chance,
Car je n'aurai connu qu'un seul contentement:
Celui d'avoir chanté ce que fut ma souffrance.



ALBANO, José (1882-1923). Né à Fortaleza, mort à Montalban, nul plus`que José Albano ne vécut dans une tour d'ivoire aussi hermétiquemente fermée. Ce poliglotte exceptionnel, ce puriste exigeant, cet eruditet exclusivement consacré '`a l'art connaissait à la perfection le latin, le grec, écrivait et parlait indifféremment le français, l'anglais, l'allemand, l'italien, l'espagnol, le hollandais, le catalan et le provençal. C'est encore à Manuel Bandeira que nous devons la découverte de ce poète tiré des limbes de l'oublie vingt ans après sa disparition. (Rimas, 1912)






MARTA MAIA